6 janvier 2012

2012

13:24 - Bouquins

À trainer à gauche à droite j'ai forcément lu quelques bilans 2011, je passe mon tour (dyslexique j'aurais écrit « je passe mon trou » et ça nous aurait fait rire un peu) mais je m'étais dit que dans mon billet sur Montréal (ses gens, ses bars, la casa del popolo) j'aurais une place pour les lectures, et ce billet, il n'arrivera pas, tant pis pour les photos, mais quand même, bilans 2011, listes de lecture, prétexte et phrase trop longue.

Capitalisme, désir et servitude, de Frédéric Lordon. Énorme. Oublié dans l'avion au retour, à nouveau acheté lors des emplettes de Noël pour en lire les dernières pages. Sous-titré « Marx et Spinoza ». Et de ce dernier, la mise en exergue de cette phrase, « Par réalité et par perfection, j'entends la même chose », qui est quand même la phrase illico recopiée lors de ma lecture de l'Éthique…

Un livre, beaucoup(?) d'autres, et après avoir lu De onze à douze je me suis motivé à enfin faire l'inventaire de ma bibliothèque (en sous-texte il y a la perspective d'un déménagement…), goodreads, quelques soirées d'encodage, bien sûr ponctuées d'écroulages de piles, mais en sortie, enfin, un tableau. Et un tas de statistiques amusantes à faire. Une autre fois.

Et pour finir dans le sous-texte, première lecture de l'année.

26 juin 2009

Petit éloge de l'excès

20:40 - Bouquins

Il y a une dizaine de jours, j'allais être en avance à un rendez-vous, une vieille habitude dont je tends à me défaire, je décide donc d'un rapide tour dans ma librairie habituelle. Vite fait bien fait, me voilà à la caisse, bonjour, voici voilà, ça fera 36 euros, oh vous pourriez ajouter celui-ci, bien sûr c'est donc 38 euros, et hop, payés, merci, au revoir. Les petits livres pas chers étalés à côté de la caisse, c'est bien trop tentant. Cette fois je craque donc pour « Petit éloge de l'excès » de Caryl Férey, une dizaine de courts textes.

J'aurais du avoir la puce à l'oreille il y a quelques mois, en lisant l'épisode du Poulpe du même auteur (D'amour et dope fraîche), ce n'est pas tous les livres qui citent Vaneigem...

Pour revenir au petit éloge de l'excès, il commence fort, clair et net, et continue de bien bonne manière, jusqu'à un "comment j'ai rencontré Raoul Vaneigem" (dont le titre exact ne me revient pas, et n'étant pas chez moi je n'ai pas le bouquin sous la main pour vérifier) que je trouve, forcément, tout bonnement excellent.

Mais là je me dis que le point fort a été atteint, et c'est donc une magistrale surprise qui arrive deux ou trois textes plus loin, où c'est Jacques Brel qui parle, en fait la retranscription d'une émission (radio ou télé, je dirais radio), pas si curieuse coïncidence la même émission que celle figurant dans le dernier spectacle de (l'indispensable) Tristan-Edern Vaquette, grande interview du grand Jacques, avec entre autres ce moment : « La difficulté pour aller de Vilvorde à Hong Kong, c'est pas d'aller de Bruxelles à Hong Kong, c'est d'aller de Vilvorde à Bruxelles. »

19 mars 2009

Suite noire

14:47 - Bouquins

Numéro 27, et mon dernier achat, de la Suite noite, que je consomme en fanboy de Jean-Bernard Pouy.

(...) Fred était le cerveau de notre trio. La grosse tête, avec lunettes et crâne prématurément dégarni. Presque une caricature. Sa spécialité c'était le droit criminel.

Mais ça ne l'empêchait pas de déconner grave quand il partait en piste. Fred était du style à danser à poil sur les bars ou à desceller des éviers dans les fiestas les plus décadentes. (...)

—Le tacot d'Elsa Lambiek, Laurent Fétis

Quelques couvertures de la suite noire

La suite noire, c'est des chouettes livres™. (et à lire dans un parc tout en profitant du soleil du printemps, ça doit être pas mal du tout).

11 janvier 2009

Les en-dehors

13:23 - Bouquins

L'Ardèche, ce n'est pas la porte à côté, pour y passer la semaine de la nouvelle année, j'ai quand même passé pas mal de temps dans des trains, au mieux, dans des gares à attendre un train en retard, au pire.

« Les en-dehors » était un des livres qui m'accompagnait, sous-titré « Anarchistes individualistes et illégalistes à la ‟belle époque” », écrit par Anne Steiner, publié aux éditions L'Échappée.

Fronton de la mairie de Villeneuve-de-Berg

Villeneuve-de-Berg, 29 décembre 2008

Et « c'était très intéressant »™, ce n'est pas un livre d'analyse, et s'il y a un regard critique il est rare et des plus légers, non, c'est un livre qui raconte une courte période, début du XXe, du point de vue de quelques personnes, principalement de celui d'une jeune fille débarquant alors à Paris, Rirette Maîtrejean. Mais là où le livre est vraiment intéressant, c'est dans les parallèles qu'il permet de voir entre situations et mouvements d'alors et d'aujourd'hui, et dans les questions qui se trouvent encore maintenant vécues au quotidien (par exemple l'obligation du salariat, ou la réflexion sur la simplicité volontaire).

Finalement, et parce que ce n'est pas négligeable, nom d'un petit bonhomme, quelle qualité dans la composition typographique de ce bouquin.

Page du livre

10 juin 2008

Histoire inédite de l'économie en Belgique, de 1945 à nos jours

12:30 - Bouquins

L'intention de ce livre est excellente, présenter et expliquer, avec un regard critique, les évolutions de l'économie et des politiques économiques en Belgique.

De l'intention à la réalisation, je ne trouve malheureusement pas le résultat des meilleurs; sur le fond j'espérais une approche plus historique, plus concrète, plus sociale, un peu à la façon d'Howard Zinn dans son histoire populaire des États-Unis. Ici on a plutôt affaire à une succession (désordonnée?) d'aller-retours mélangeant considérations historiques et explications de concepts économiques. Il ressort aussi l'impression que les matières économiques se décident en haut lieu sans influence possible ou efficace du peuple, ce qui est assez malheureusement vu les auteurs et la conclusion donnée à l'ouvrage.

Mais avant le fond, là où la lecture en devient pénible, c'est vraiment la forme; pour tout dire ça ressemble à un assemblage de fichiers Word collés à la va-vite, sans relecture ou cohérence typographique, listes utilisant différents types de marqueurs, tirets ou cercles, suivant les chapitres, absence d'accents sur les majuscules, deux-points se retrouvant jetés en début de ligne, paragraphe aligné à gauche sans raison, etc. J'ai même l'impression qu'il y a un ¤ là où un € devait se trouver...

Il y a pourtant de bonnes intentions, par exemple c'est super gentil d'ajouter un astérisque derrière un acronyme pour indiquer qu'il est présent dans un glossaire mais il vaut mieux se limiter à la première occurrence, parce que sur dix lignes, ça fait un peu trop guerre des étoiles :

Introduction : qu'est-ce que le PIB* ?

Le revenu généré en un an dans un pays est généralement mesuré par le produit intérieur brut, le célèbre PIB*. Le PIB* est la somme (...). On parle alors du PIB* au prix du marché (PIB*pm). (...)

A contrario certains acronymes surgissent de nulle part, « La crise a mis en échec les politiques volontaristes de création d'emploi : la RDTT est bloquée (...) », RDTT ? Réduction du temps de travail, avec le contexte ça passe mais c'est limite.

Voilà donc un livre qui devrait être publié sous une licence libre, je suis sûr que quelques personnes motivées feraient alors le nécessaire travail de relecture; et il reste à écrire une histoire populaire de la Belgique.