Miroirs liquides

Mercredi 25 août 2004 9:31 - Divers

Réveil à cinq heures trente ce matin, train, etc. Fatigué, je me couche inhabituellement tôt hier, tout aussi inhabituel, j'allume la radio, « La Première », une des radio publiques, vieux récepteur, plus d'antenne, je ne la capte qu'en AM, ça a ses particularités. J'écrirai peut-être là-dessus.

Une émission scientifique, j'arrive au milieu, je n'en connais pas le titre, une discussion entre l'animateur et un astrophysicien de l'Université de Liège. Je découvre les mirages gravitationnels, ce qu'ils sont, la manifestation de petits objets normalement cachés par de plus gros. On ne peut pas les voir directement mais cependant leur lumière nous parvient car déviée par des champs gravitationnels, rayons lumineux, onde, matière, Einstein... Ils ont des applications, par exemple pour évaluer la distribution de la matière noire dans l'univers.

Mais parler des mirages gravitationnels amène un autre sujet intéressant, les miroirs liquides. Faites tourner un liquide dans un récipient et le liquide prendra une forme parabolique, et conséquence de cette forme, il réfléchira tout ce qu'il capte en un seul point. Il s'avère que c'est une vieille idée, milieu du XIXème siècle, mais l'application n'en était pas aisée, la moindre perturbation et le liquide frémit, cassant tout. Une solution est apportée récemment, elle consiste en deux étapes. Dans la première, faire tourner une sorte de résine, liquide, elle se solidifiera sous la forme parabolique souhaitée. Ensuite, pour l'observation, une fine couche de mercure versée sur la résine, toujours en rotation, cette couche sera trop fine pour propager les perturbations de l'air.

Le gros inconvénient de ces miroirs, c'est que par nature, ils ne peuvent pointer que le zénith, pas possible de le diriger vers un coin que l'on voudrait observer. D'abord, ça rebute. Mais réflexions, estimations et calculs; il ne peut pas bouger, certes, mais l'univers bouge, et en une nuit d'observation, avec un miroir de quatre mètres de diamètre, il est possible de couvrir 100 degrès au carré de ciel, ce qui n'est pas mal du tout. Ça permet grosso modo d'observer 20 000 quasars et 50 mirages gravitationnels. Très bien. Quatre mètres de diamètres, un capteur CCD (de 4000x4000 pixels) et on peut observer jusqu'à magnitude 24 (ce qui n'est vraiment plus lumineux).

Mais l'avantage des miroirs liquides ? C'est que les miroirs solides sont très coûteux et prennent beaucoup de temps à produire. Pour un diamètre équivalent, le miroir solide prendra trois ans à polir, trois ans d'ingénieurs opticiens, ça coûte. Le miroir liquide coûterait cent fois moins. Conséquence du coût d'un téléscope, le coût de l'observation, alors qu'il est irréaliste de passer une nuit entière sur le même objet avec un téléscope traditionnel, ça devient normal avec un miroir liquide.

Le projet est d'en construire un à l'Université de Liège, quatre mètres, ce serait le premier de ce diamètre, entièrement dédié à l'usage astronomique. Il y a des fonds à gauche et à droite, ça semble avancer, je n'ai pas entendu de calendrier, ou l'ai déjà oublié.

Ça m'a tenu éveillé, j'ai dormi moins que prévu, l'astronomie, j'aime beaucoup.

Dernière modification: dimanche 9 octobre 2005 20:01